Projet « CRASH »

 

Artistes : Olivier CROUZEL et Nancel DUKERS

 

Directrice de projet : Flora STICH / The Desk - art contemporain -

 

Lieu : Le Garage Moderne à Bordeaux 

Installation "Gazoduc petroleum" - tube PE extrudé - Diamètre 60 cm - Longueur 1 km - Couleur Noir brillant, poids 450 kg de Nancel & installation et projection vidéo d'Olivier.

 

L’atelier d’artistes temporaire est un concept à mi-chemin entre un atelier d’artiste et une exposition classique, entre un lieu de travail et un espace de présentation. Les artistes et  Flora Stich, ont pu mettre en pratique ce concept avec le projet « CRASH », qui a eu lieu du 24 mars au 6 avril 2014 au Garage Moderne.

 

Le principe de « CRASH » était de valoriser tout le processus de création des artistes, ce sont les artistes eux-mêmes qui ont été exposés pendant deux semaines. Ce fut une opportunité pour le public de découvrir en live le cheminement artistique, le travail physique et les échanges que l’on retrouve dans les ateliers d’artistes. Il y a eu deux phases de présentation officielle avec une nocturne et un vernissage.

« CRASH » a offert la possibilité au public et aux artistes de se rencontrer, d’échanger et de partager non seulement sur la finalité du travail artistique mais aussi sur tout le processus de création, pour une meilleure compréhension de l’univers d’Olivier Crouzel et de Nancel Dukers. 

 

 

  • Comment est né le concept d’un atelier d’artistes temporaire ?

 

 

Un projet artistique in-situ :

 

Le travail d’installation in-situ, avec d’une part les projections et installations vidéos d’Olivier Crouzel, d’autre part l’installation monumentale de Nancel Dukers, demande une approche différente par rapport à l’organisation d’une exposition classique, car qui dit travail in-situ dit adapation à un espace d’intervention...

 

 

Un lieu atypique :

 

Le Garage Moderne est un lieu totalement atypique puisque c’est un garage mécanique, fondé en 2000 sous forme associative. Autos, vélos, scooters et mobylettes y sont réparés et entretenus par leurs propriétaires, adhérents de l’association, avec l’aide, les conseils ou l’intervention de mécaniciens professionnels.

Le Garage Moderne est installé dans un immense bâtiment de 2 000 m2, cathédrale industrielle du début du XIXème siècle et dernier témoin du passé ouvrier du quartier de Bacalan, qui accueille dans ses murs historiques des activités sociales et culturelles, des rencontres artistiques et des expositions.

Il y avait de la part d’Olivier Crouzel et de Nancel Dukers une envie commune de s’inspirer de l’ambiance de travail du Garage Moderne avec le bruit de ses ateliers mécaniques, les voitures, les échanges avec les mécaniciens, les bénévoles et les habitués, et de s’inspirer de l’environnement immédiat du garage.

 

 

La temporalité :

 

Le temps imparti pour ce projet artistique au Garage Moderne était deux semaines. Connaissant la charge de travail et de temps demandé pour des installations, l’idée d’intégrer le processus de montage et de démontage dans l’exposition et d’ouvrir les portes au public pendant ces phases de travail a été évidente.

Ainsi est né le concept d’atelier d’artistes temporaire. 

 

 

 

 

  • De quelle façon présenter à la fois un travail en cours de création et un travail abouti ?

 

 

Une fois le concept d’atelier d’artistes temporaire validé se posait la question de l’accueil des visiteurs pendant l’ouverture de l’atelier et de la finalité des installations proposées par les artistes, avec leur présentation officielle.

 

La notion de rencontre et de partage prend toute sa signification dans ce nouveau concept d’atelier temporaire, car il fallait transmettre tout le long de la programmation les idées, les directions et les attentes des artistes aux visiteurs, afin de les intégrer dans le processus de création. L’idée n’était plus à la contemplation mais à une vraie intégration des visiteurs dans le travail des artistes.

 

Pour la présentation finale des installations nous avons convenu d’une proposition en deux temps, avec une première présentation « aboutie » pour une nocturne et une deuxième proposition également

« aboutie » mais qui avait évolué, pour le vernissage. Cela permettait à la fois de temporaliser et d’officialiser le travail des artistes.

 

Olivier Crouzel et Nancel Dukers ont chacun une identité artistique propre et autonome, cependant la volonté des artistes d’avoir un vrai échange artistique pendant l’atelier a permis d’offrir une autre dimension à leur travail. Ainsi, au cours de la nocturne et du vernissage les artistes ont convenu d’une projection vidéo de lombrics roses mouvants d’Olivier Crouzel sur la structure tubulaire monumentale de Nancel Dukers, sur fond sonore expérimental.

 

Les visiteurs étaient invités à déambuler dans la structure au milieu de ces gros vers de terre rampants. L’expérience était unique, et aussi suprenant que cela puisse être, très esthétique. Des danseurs du Conservatoire de Bordeaux sont également intervenus dans la structure, pendant le vernissage, alliant le geste à la matière, ainsi que Al’tek Korgesx, DJ, avec une improvisation musicale. 

 

 

 

 

BIOGRAPHIES

 

 

Nancle DUKERS

 

Nancel Dukers est homme de terrain, un baroudeur de friches, un dénicheur de trésors périmés, mais surtout une incroyable âme artistique. Donnez lui quelques vieilles bobines de fil et il vous recrée une ville. Peu importe le temps, peu importe les moyens, il a l’oeil imaginatif et l’esprit joueur. Pourquoi faire petit, quand on peut faire grand ? Car les choses, il les voient évidemment très grandes. 

 

Nancel aime à citer Paul Klee “ l’art n’imite pas le visible, il rend visible”. 

 

« Depuis toujours, j'ai une attirance particulière pour ce qu’appelle Gilles Clément le “Tiers paysage”. Depuis toujours, presque clandestinement, j'arpente ces espaces, abandonnés, entre ville et nature, corps déboîtés ; entre répulsion et fascination. Il s’y passe quelque chose de l’ordre de l’ailleurs et du possible. Depuis toujours ce sont mes espaces d’inspiration privilégiés, entre promenades introspectives et réa- lisations artistiques “sauvages”. Nous ne sommes pas les seuls, de nombreux artistes y interviennent. Au même titre que la végétation “endémique” qui y pousse, la création artistique y est étonnamment présente. Phénomène spontané, loin des regards et trop souvent en devenir mais prolifique. Le parallèle avec la diversité des productions artistiques en présence, me paraît intéressant à souligner. “L’art naît dans les failles, les interstices*...” C’est sous cet angle, rétrospectivement, que j'ai posé mon acte. » Nancel Dukers 

 

 

 

Nancel Dukers est designer de formation, il a fait son parcours dans des agences généralistes parisiennes au poste de directeur artistique, après avoir quitté son agence de design parisienne “Reso designband”.

 

Suivent quelques années de découvertes de nouveaux territoires :

 

- 2 ans de navigation dont 3 mois a bord d’un ketch de 40 pieds en total autonomie en Arctique (terrain d’expérimentation des dynamiques managériales en milieux hostiles).

 

- 2 ans de travaux artistiques avec 7 expositions (Normandie-Paris), dont 3 expositions photos et 4 Performance/Installations.

 

Nancel a choisi de poursuivre son activité à Bordeaux en rejoignant la dynamique de Darwin éco-système pour son avant- gardisme. Il est vice-président de l’association « Les Darwiniens ».

 

Il propose ses compétences de direction artistique de projet de communication print, web et de photographe.

 

Il reprend ses activités artistiques en février 2014 sous l'impulsion de The DesK - art contemporain, également implanté à Darwin.

 

- Un première installation de "Gazoduc petroleum" est présentée en mars 2014 (cf.visuels ci-dessus), au Garage Moderne à Bordeaux, en collaboration avec l'artiste Olivier Crouzel, sous forme d'atelier d'artistes temporaire.

 

- Suite à un premier succès incontesté, "Gazoduc petroleum" est expérimenté dans différents milieux géographiques.

 

- Une deuxième installation de "Gazoduc petroleum" est présentée en collaboration avec le graffeur ZARB Fullcolor, lors des portes ouvertes de Darwin

 

 

 

 

Olivier CROUZEL

 

 

Olivier Crouzel a mis au centre de sa pratique la projection vidéo, plus précisément la mise en place d’un dispositif mobile qui lui permet, de manière autonome, de poser des images, souvent des images fixes qu’il a faites ou qu’il a cherchées, avec des configurations paysagères de son choix. Il pratique comme on va à la cueillette, circulant avec son matériel, trouvant un site, un autre, qui le retient comme donnant un contexte de signification à telle ou telle image, qu’il tient prête à l’esprit et sur son disque dur. Il a pratiqué, à titre de projet personnel ou en collaboration pour des évènements urbains ou des scénographies, la projection spectaculaire, mettant au point des outils logiciels pour animer les images, ou investissant des références liées au contexte.

 

Sa démarche personnelle se joue à l’écart des espaces trop habités. Le principe de la projection est l’événement soudain de l’apparition lumineuse, l’inscription tout à la fois manifeste et forte de l’image fixe mais aussi passagère, soumise à sa prochaine disparition, c’est le choix d’une relation de tension entre l’image et son support.

 

Pour le projet «CRASH» Olivier Crouzel s’est inspiré des alentours immédiats du Garage Moderne en pratiquant de nombreuses prises de vues extérieures et d’essais nocturnes dans le quartier de Bacalan. L’artiste porte un grand intérêt à l’envahissement de la nature dans les friches industrielles, qui sont méconnues pour la richesse de leur éco-système aussi bien animal que végétal. Il a souhaité pousuivre cette piste de réflexion au sein du Garage Moderne en y diffusant ses prises de vues extérieures à travers des installations vidéos.