The Desk - art contemporain a eu le plaisir de participer à la Caravane Garonne de Surfrider Foundation Aquitaine, avec l'artiste plasticienne Laurence Nourisson et le soutien du Département de la Gironde.

Les Caravanes pédagogiques de Surfrider sont un programme d’éducation à l’environnement.

A cette occasion l’artiste a créée de toute pièce une oeuvre appelée “Archivage”. Cette pièce est constituée de casiers d’imprimerie recyclés dans lesquels l’artiste vient archiver, comme dans les musées d’archéologie, des bouts de plastiques retrouvés sur les différents emplacements des interventions. Les bouts de plastiques ont été datés, numérotés et rangés suivant un système propre à l’artiste.

En parallèle à la création de l’artiste nous avons proposé des ateliers participatifs et mis à disposition du public des boites d’archivage.

L'ensemble de ces activités ont été valorisées par une mise en scène muséale, avec la présentation du projet “Flacons XXIème siècle» et «Fiction muséale II».

 

Ces bouteilles posées sur des socles, accompagnées d’un cartel, retracent nos habitudes alimentaires et sanitaires comme dans un musée d’archéologie. Une archéologie contemporaine qui permet de nous observer et d’avoir cette prise de conscience indubitablement liée à la prise de recul. Car est-ce vraiment ainsi que nous souhaitons être représentés aux générations futures, par une bouteille en plastique ?
 

LAURENCE NOURISSON

 

 

Depuis 27 ans Laurence Nourisson travaille avec des déchets et depuis 2000 elle utilise uniquement du déchet plastique, ce matériau s’étant imposé comme signe évident de notre temps.
Elle met en scène des fragments trouvés au gré de ses marches. Fragments rayés, patinés, souillés, éraflés, brûlés par les éléments et le travail du temps. Ces restes fragiles, ayant perdu toute fonction d’usage et d’échange s’offrent au regard sous forme de parures ou d’objets de musée.

 

De 2007 à 2012, sa production questionnait la sacralisation du déchet par son changement de statut du fait de son déplacement, du sol au mur, de l’extérieur à l’espace d’exposition, de l’abandon à sa mise en scène par la présentation (accords perdus, 2010-2013, flacons XXIème siècle, merci marcel, 2011-2013, objets identifiables, 2011).


A partir de 2012, des pièces de dimensions plus imposantes (La folie des grandeurs, 2012-2013) et de plus en plus fantaisistes voient le jour (Parures de tête, 2011-2013, Tapis d’Occident, 2013).


L’artiste se met dans la peau d’un archéologue peu scrupuleux qui reconstituerait des pièces n’ayant jamais existé à partir de fragments. Cela l’a amené à considérer le discours scientifique accompagnant les pièces archéologiques et ethnographiques des musées, elle s’est alors particulièrement intéressée aux cartels accompagnant les objets de ces musées destinés au public. Sont apparues les fictions muséales, 2012, déchets trouvés, présentés sur socle et accompagnés de texte fictionnels, pseudo-scientifique. Son travail remet en question le discours scientifique sur les restes. C’est aussi à cette même période qu’elle commence à s’interroger sur la reproduction des pièces muséales destinées aux boutiques de musées. Un travail de moulage s’en est suivi avec une première série de moulages en cire en 2012, le monde des objets puis en 2013 série limitée.


Ces dernières années c’est sur un ton léger, ironique et coloré qu’elle interroge la préservation du patrimoine, des vestiges, de leur mise en scène et leur commercialisation dans l’espace muséal au travers de sculptures d’assemblage, de moulage ou d’installations parfois sonores (des mixages de sons sont réalisés à partir de fragments sonores enregistrés sur les lieux de trouvaille) assorti de textes fictionnels. Autour de ce travail, c’est toute l’institution muséale qui est interrogée.


Son travail découle d’un héritage artistique marqué par les avant gardes du début du siècle et des artistes comme Duchamp et Kurt Schwitters. Aujourd’hui son travail résonne avec ceux d’artistes comme Joan Fontcuberta, Christian Boltanski ou Richard Baquié.